Mali. L’Etat malien doit enquêter sur les tirs de l’armée contre des manifestants à Gao

Les autorités du Mali doivent sans délai mener une enquête approfondie et indépendante sur les tirs des forces armées maliennes (FAMA) qui ont entraîné la mort de 3 manifestants et ont blessé au moins une trentaine de personnes à Gao, a déclaré Amnesty International mercredi 13 juillet 2016.

Le 12 juillet 2016, les Forces Armées Maliennes (FAMA) ont tiré à balles réelles sur un groupe de manifestants à Gao, au Nord du pays, causant la mort de 3 personnes et une trentaine de blessés. Organisée à l’initiative de membres de la société civile locale en dépit de l’interdiction de manifester dans le cadre de l’état d’urgence en vigueur à Gao, la manifestation visait à dénoncer l’installation des autorités intérimaires en application des accords de paix signés en juin 2015.

En réaction à ces événements, Gaëtan Mootoo, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International a déclaré :

« Les responsables de l’application des lois doivent utiliser des moyens non violents avant de recourir à la force et aux armes à feu, qui ne doivent être utilisées qu’en dernier recours, si les moyens non violents s’avèrent inefficaces. Il est préoccupant de constater que les forces de sécurité ont usé d’une force excessive, faisant trois morts et plusieurs blessés. »

Complément d’information

Les accords de paix signés à Alger en juin 2015 prévoyaient le remplacement temporaire d’élus locaux par des représentants des parties signataires : le gouvernement, l’ex rébellion et les groupes armés pro-gouvernementaux dans les cinq régions administratives du nord du Mali.

La manifestation organisée le mardi 12 juillet visait à dénoncer la mise en place de ces autorités censée débuter ce vendredi 15 juillet, une mesure qui selon les manifestants ne bénéficierait pas à la population locale.

La semaine dernière l’ONU avait voté l’envoi de 2500 hommes supplémentaires pour renforcer la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) créée en 2013.

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